Servir aux piscines avec la Route Chantante

Après avoir marché jusqu’à Lourdes, il est temps de rejoindre le Pèlerinage National et de se mettre au service des malades. Tu hésites à rejoindre le service des piscines ? Pas de panique ! On laisse Blandine et Béatrice t’expliquer comment ça se passe !

Des piscines à Lourdes ?

Ce sont les mots prononcés par le Vierge lorsqu’elle apparaît pour la 9ème fois à Bernadette, le 25 février 1858. C’est là l’origine des piscines du sanctuaire de Lourdes et du service des pisciniers. 

Depuis plus de 150 ans, les pèlerins, qu’ils soient malades ou valides, blessés physiquement ou moralement, obéissent à ce doux commandement et se rendent au pied de la grotte. Comme Bernadette, ils accomplissent ces gestes pleins d’humilité, croyant fermement à l’intercession de Marie pour leur guérison, intérieure comme extérieure.

Derrière ce signe tout simple se cache une grande profondeur.

Concrètement, le pèlerin qui vient aux piscines est accueilli dans un espace où il va pouvoir enlever ses vêtements. Il se dirige ensuite vers un deuxième espace où se trouvent les pisciniers. Il est enveloppé dans un drap pour se baigner. Il prend un temps de prière, dans son cœur ou à voix haute, avant de descendre dans le bassin et d’être baigné dans l’eau quelques secondes.

Béatrice vient depuis toujours à Lourdes, en famille. Elle a aidé dans tous les services ou presque du sanctuaire et à 18 ans, elle a rejoint le service des piscines, comme sa mère, son père et ses grands-parents l’avaient fait avant elle.

“Ce service est au cœur de ce qu’est Lourdes; il est le point culminant du pèlerinage pour beaucoup de gens, parfois même de leur vie. Chaque bain dure une poignée de minutes, pendant lesquelles nous accueillons dans une grande intimité et une grande pudeur des gens que nous ne connaissons pas. Certains confient leurs intentions à voix haute, d’autres se taisent. On prie en anglais, en espagnol, en chinois, en langue des signes… On ne comprend rien, on ne sait rien et pourtant nous portons tout, pour transmettre à Marie explique Béatrice

Être piscinier

Le rôle du piscinier est donc d’accompagner le pèlerin dans l’accomplissement de ce geste d’humilité et dans sa prière, quel que soit son état de santé. Ces quelques minutes partagées avec le malade sont un moment unique où la Vierge nous offre la possibilité de nous effacer pour n’être plus qu’un instrument de l’Amour qu’elle inspire, un appui. 

C’est aussi un moment de partage très fort pour Béatrice : “Nous sommes le témoin privilégié de la foi des gens, exprimée de mille manières”

Le Covid passant par là, le bain n’a plus été possible jusqu’à cette année. Il était remplacé par le geste de l’eau, un autre signe très fort reprenant les gestes de Bernadette et permettant lui aussi cette communion de prière. 

Blandine a rejoint la Route en 2021, mais elle participait depuis de nombreuses années au Pèlerinage National. Elle a également expérimenté plusieurs services avant de se tourner vers celui des piscines. 

Pour Blandine, ce service est vraiment porteur, aussi bien pour les pèlerins qui y vont pour s’y laver que pour moi, dans ma vie de prière. En les accompagnant, je me rapproche de la Vierge et peux déposer à ses pieds les prières de toutes ces personnes avec les miennes”

Ces instants privilégiés sont source d’une joie et d’un espoir profonds.

“Je retiendrai notamment ce témoignage d’une personne paralysée jusqu’au cou, qui, alors qu’on la plongeait avec son brancard dans l’eau froide, nous a regardées et nous a dit « On se sent vivre, hein ? » » raconte Béatrice

La particularité du service avec la Route

Même à Lourdes, la vie de la Route continue. Si nous rejoignons le Pèlerinage National, nos missions restent multiples. Nous continuons à mettre nos chants au service des pèlerins à travers l’animation de temps de prière, d’offices et de veillées, et en chantant directement dans les hospitalités qui accueillent les malades. Le rythme est soutenu, mais rien n’est impossible aux pisciniers et piscinières !

“Le service des piscines n’occupe que 3 heures par jour, ce qui permet de participer pleinement aux activités de la Route Chantante mais aussi de se reposer” explique Blandine 

“En prenant le premier service (7h15-9h15 / 13h30-15h30) nous avons le temps de répéter, de chanter et aussi d’échanger sur ce que nous vivons. Après la prière, place à la joie de chanter dans les services et de faire danser les malades” complète Béatrice

Alors, convaincu ?